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June 2, 2017 /audiovisuelle /

[#PremierePro25] Make The Cut : rencontre avec Nicolas Burnage, “meilleur jeune créateur”

A l’occasion des 25 ans de Premiere Pro, nous avons lancé le concours Make The Cut : en partenariat avec le groupe Imagine Dragons, les utilisateurs de Premiere Pro ont été conviés à réaliser un montage du titre “Believer” à partir des images tournées par le réalisateur Matt Eastin. Make The Cut a reçu 9 000 participations, issues de 28 pays, 68% des clips ont utilisé des contenus Adobe Stock et 60% des clips ont été envoyés par des créatifs de moins de 25 ans. Rencontre avec le Français Nicolas Burnage, qui remporte le concours dans la catégorie « Jeune Créateur ».  

Adobe : Peux-tu te présenter ?

N.B : Je m’appelle Nicolas Burnage, j’ai 23 ans. Je suis originaire de Toulouse et je vis à Paris. J’ai fait un BTS audiovisuel option Image, plus orienté sur la maîtrise de la caméra et de la réalisation que du montage. Mais j’ai toujours été intéressé par le montage et la postproduction. Je me suis auto-formé sur Premiere Pro, puis sur After Effects à travers les nombreux tutoriaux et astuces qu’on trouve sur Internet, à travers également mes premiers projets professionnels. Je travaille en partie dans une société de production audiovisuelle, Wink Studio, en partie en tant que freelance.

Adobe : Peux-tu expliquer comment tu as travaillé sur ce clip ?

N.B : J’y suis allé sans réel objectif, je trouvais juste intéressant de pouvoir travailler sur des rushs de qualité, faits par un grand réalisateur et avec une bonne musique. Je n’avais jamais travaillé sur un clip vidéo, mais j’avais eu l’occasion de travailler sur des projets Mode, avec juste des images clipées et un fond musical. Le clip d’Imagine Dragon est donc le premier clip que je monte seul. Je passe tous mes soirs et mes weekends à expérimenter sur Premiere Pro et After Effects. Il y avait beaucoup d’effets que j’avais envie de tester, en particulier ces jeux avec le triangle. J’ai d’abord passé trois ou quatre jours à chercher comment faire ce que je voulais. Ensuite, j’ai réellement commencé le montage, sans avoir regardé ce que le groupe avait fait au préalable parce que je ne voulais pas être influencé. Je dois reconnaître qu’à la moitié du montage, je me suis intéressé à leurs clips précédents, mais j’avais déjà bien avancé.

Adobe : C’est un clip riche en effets, comment as-tu procédé ?

N.B : Environ 80% du clip a été réalisé sous Premiere Pro. J’ai utilisé After Effets uniquement pour les effets de cercle et pour la spirale avec la bouche à 2’04, où on plonge dans la bouche du chanteur alors qu’ils se battent à plusieurs endroits en même temps. Les animations avec les triangles ont été faites directement dans Premiere Pro, à partir d’un cache sur trois plans superposés. Je place mon plan 1, puis le plan 2 et par-dessus j’ajoute mon triangle qui me sert de cache. J’ai beaucoup travaillé sur la superposition des images et les modes de fusion, comme pour faire apparaître la moitié du visage du chanteur avec la moitié du visage du boxeur. Pour l’effet glitch, je l’ai fait également directement dans Premiere Pro en dupliquant mon image trois fois et en supprimant sur chaque image un des canaux RVB. En décalant chaque calque, cela donne cet effet, sans avoir à utiliser de plugin. Je prépare un making-of sur les différents effets pour montrer les procédés.

Adobe : Que retires-tu de ton expérience de montage sur Premiere Pro/After Effects ?

N.B : C’est très facile de passer d’un outil à l’autre grâce au Dynamic Link. Quand je travaillais sur After Effects, je retrouvais directement mes modifications dans Premiere Pro, cela m’a fait gagner beaucoup de temps. J’utilise également Illustrator pour d’autres projets et on retrouve la même facilité de travail, en gardant les propriétés du croquis Illustrator quand on passe sur After Effects pour l’animer facilement. Sur Premiere Pro, j’aime beaucoup le panel d’effets qu’on retrouve directement dans Premiere Pro, les fonctionnalités sont très étendues, depuis le montage à proprement parler jusqu’à la création d’effets, d’animations ou encore le travail colorimétrique. Cela a bien sûr ses limites, on doit ensuite passer sur After Effects pour des animations plus poussées, mais on peut aller très loin directement dans Premiere Pro. J’ai redécouvert également Photoshop. En fait avec Creative Cloud, je m’aperçois que je passe plus de temps sur la création que sur le processus technique. C’est un environnement assez intuitif.

Adobe : As-tu utilisé des images Adobe Stock pour réaliser ce clip ?

N.B : J’en ai utilisée certaines, notamment un rond de fumée avec un effet d’incrustation. Les images étaient fournies avec les rushs du clip. Elles m’ont été utiles pour coloriser ou ajouter des textures que je trouvais assez graphiques.

Adobe : Comment te fais-tu connaître ?

N.B : J’ai ouvert un compte Behance depuis peu, il y a encore peu de projets. J’ai des comptes sur les réseaux sociaux, mais je n’ai pas vraiment de démarche. Quand le prix a été annoncé, j’ai commencé à avoir pas mal de nouveaux contacts ou de nouvelles vues sur mes comptes Twitter, Facebook, Instagram, Behance. Des gens que je ne connaissais pas m’ont félicité. J’ai commencé à échanger avec des réalisateurs en Inde, aux Etats-Unis.

Adobe : Es-tu utilisateurs d’autres logiciels du Creative Cloud ?

N.B : Je monte donc sur Premiere Pro depuis 6 ans, ensuite je suis passé à After Effects, puis j’ai redécouvert Photoshop et Illustrator. J’utilise également InDesign, Lightroom, Bridge et j’ai fait mon site Internet avec Muse. Je suis un converti.

Adobe : Que représente cette récompense pour toi ?

N.B : Cela fait une semaine que l’annonce a été faite. Je dois dire que je ne sais trop dire. Il y a déjà eu beaucoup d’agitation autour. C’est la première fois que mon travail est ainsi récompensé. Il y a un an, j’arrivais sur Paris avec assez peu d’expérience en montage. Aujourd’hui, un jury de monteurs oscarisés voit mon travail et me récompense meilleur jeune créateur, cela me donne un peu le vertige. C’est un moment, une opportunité unique.

Adobe : A l’avenir, comment voudrais-tu évoluer et avec quel groupe aimerais-tu travailler ?

N.B : Je suis assez touche à tout, je ne me vois pas faire uniquement de la réalisation, du tournage ou de la postproduction. Ma situation actuelle, où je travaille sur les trois parties, me convient bien pour ça. Si je pouvais réaliser le clip d’un groupe de musique, ce serait peut-être celui de The Glitch Mob, un groupe de musique électronique californien. Sinon, j’aime aussi beaucoup le travail de Woodkid, qui est complétement différent. En fait, j’aimerai continuer à faire des clips en tout genre.

Merci et félicitations à Nicolas Burnage pour sa créativité et sa réussite à Make The Cut !

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