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Natacha Birds : « J’aimerais être vue comme une artiste peintre »

Natacha Birds se découvre très tôt une passion pour l’art, et s’oriente dès son plus jeune âge vers un cursus artistique. Passionnée, elle touche à toutes les formes d’expression artistique. Mais aujourd’hui, elle s’achemine petit à petit vers son rêve : devenir artiste peintre.

Quel est ton parcours ?

J’ai commencé l’art tout de suite après le collège. J’ai senti qu’il fallait que je me dirige vers une école artistique. J’ai donc commencé dans un lycée d’arts appliqués à Paris, suivi d’une formation en communication visuelle avec une spécialité en publicité et édition. Mais comme je voulais un spectre le plus large possible, je me suis lancée dans le multimédia pour concevoir des sites web et apprendre le coding. Fort de tout ça, après un passage comme DA en agence, je me suis mise à mon compte pour poursuivre mon aventure artistique de façon indépendante.

Comment te définis-tu en tant qu’artiste ?

J’ai beaucoup de mal à me définir. J’aime plutôt me voir comme un genre de couteau suisse créatif. Je fais plein de choses différentes : je passe de la photographie à la vidéo, à la peinture, à l’illustration. On me catalogue plutôt comme digital artist, ce qui englobe assez bien les compétences que j’ai pu réunir. Mais aujourd’hui, je crois savoir ce que je veux faire. Donc si je devais choisir, j’aimerais être vue comme une artiste peintre et c’est ce que j’essaye aujourd’hui de mettre en place. Je me retrouve plus dans l’illustration et la peinture, qu’elle soit numérique ou traditionnelle.

Quelle est ta relation avec les carnets de dessins ?

Je pratique toujours le dessin traditionnel, et les carnets me rappellent mes études d’art quand il fallait rendre un carnet de croquis par mois sur un thème défini. C’était un des exercices qui me plaisait le plus et qui m’aidait le plus à être créative. J’ai essayé de garder ce réflexe, même avec l’arrivée du numérique dans mes processus créatifs. J’ai une véritable attache au papier, aux carnets, à leur forme et à la façon dont on les utilise. Je griffonne des carnets depuis 10 ans. Ils sont organisés par thème : voyage, expositions, recherches personnelles, etc.

J’ai tâtonné durant de nombreuses années avant de trouver enfin mon identité iconographique. Et j’ai eu besoin de ces carnets pour me trouver. Mon dernier carnet est donc celui qui me représente le mieux. C’est celui avec lequel je me sens le plus à l’aise. Pour moi, le carnet est un objet à part entière. C’est n’est pas un carnet de notes, j’ai un bloc note « cra-cra » que j’utilise tous les jours pour ça. Avec le carnet qui contient mes dernières œuvres, j’ai besoin que ça soit joli, j’ai besoin que ça retrace mon univers, j’ai besoin que quand je l’ouvre je retrouve mon inspiration et là où je voulais aller. Ce n’est pas une démarche rapide. Je dessine dans mon carnet quand mon idée est déjà aboutie. C’est vraiment une boussole qui me permet de me replonger dans ce que je suis et ce que je veux faire. Ces carnets sont des petites œuvres à parts entières et pourraient être exposés. Certains dessins qui se trouvent dans ces carnets sont aussi les premières étapes abouties de toiles qui seront peintes plus tard.

Quelles sont tes inspirations ?

Le Japon ! Je suis une grande admiratrice des dessins traditionnels japonais dans lesquels je trouve une bonne partie de mon inspiration. Et puis, il y a aussi Hilma af Klint, peintre suédoise pionnière de l’art abstrait, qui est modèle absolu pour moi, tant par ses œuvres que par son histoire. Je suis très loin de l’art abstrait, même si j’ambitionne d’y arriver un jour, mais c’est une peintre qui me touche énormément par les formes et les couleurs qu’elle met en scène dans ses œuvres.

Quelle sont tes relations avec le numérique ? Pourrais-tu t’abstraire du dessin traditionnel ?

Non. D’ailleurs je pense que j’aurais abandonné le numérique si je n’avais pas retrouvé une empreinte graphique proche de la peinture avec des outils comme Adobe Fresco, par exemple, où je retrouve des émotions très similaires à celles que me procurent l’huile ou la gouache. Le rendu et les tracés sont tellement proches de la réalité qu’en voyant les résultats on peut légitimement se demander s’il s’agit réellement de numérique.

Aujourd’hui j’utilise les outils numériques quand je veux faire des impressions en grande quantité, mais aussi par facilité. C’est plus facile de travailler sur un iPad dans l’avion que de sortir un chevalet ! Le processus est un peu le même qu’avec mes carnets : ce que je vais créer avec Fresco me sert de travail préparatoire pour mes peintures, mais avec beaucoup de souplesse. Je peux modifier les couleurs, la composition ou affiner la structure finale de ce qui sera peint sur toile. Finalement, l’iPad est un peu devenu mon carnet de brouillon.

Créativité, Illustration, Inspiration

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