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Du crayon au pixel : 3 questions à Olivier Huard, webdesigner et pixel artist

Olivier Huard fait partie de la petite communauté française des pixel artists. Nous l’avons rencontré récemment pour le tournage du 1er épisode de notre nouvelle série Show Me Your Sketchbook, et en avons profité pour lui poser quelques questions sur son approche créative.

Des pixels, toujours des pixels. Pour Olivier, cette approche créative prend sa source dans son intérêt pour les jeux vidéo et, sans doute, dans sa formation initiale en électronique. Pour autant, Olivier est un véritable adorateur du papier. Grand écart ? Paradoxe ? Non, simplement l’amour du dessin sous toutes ses formes.

Peux-tu nous dire pourquoi ce choix du pixel art ?

C’est une discipline qui me tient énormément à cœur car, pour moi, elle est intimement liée aux jeux vidéo. Elle fait résonner l’importance qu’ont eu les premiers jeux vidéo sur ma sensibilité artistique. Mais au-delà de ce point, il y a aussi un véritable challenge créatif dans cette discipline : il faut faire au mieux avec peu d’espace et peu de couleurs. C’est assez exigeant. Si le retro gaming est une inspiration forte qu’on retrouve de façon assez évidente dans mon travail, je précise toutefois que ce n’est heureusement pas la seule. La bande dessinée, les dessins animés ou les grands créatifs – quel que soit leur domaine ou leur temporalité – sont une source d’inspiration régulière. Parmi ceux qui m’inspirent le plus, il y a bien entendu Hayao Miyazaki, un maître du dessin animé japonais. Je suis fan de ses designs et de ses palettes pastel toujours pleines de poésie. Son traitement d’image se reconnait au premier coup d’œil. Il y a également François Schuiten, que j’ai découvert durant mes études en arts plastiques, et qui est une référence en matière d’architecture dans la BD. Ses créations urbaines sont juste folles de détails et de perfection. Et puis enfin je suis un fan de Léonard de Vinci. Cela peut paraitre “bateau” mais il reste un maître en anatomie et dans pleins d’autres domaines. Ses carnets sont des bijoux de créativité et d’inventions.

Quel est l’importance du dessin traditionnel pour un pixel artist ? Pourquoi avoir besoin de crayonner sur du papier ? Quel lien entre l’analogique et le numérique ?

J’ai toujours eu une relation particulière avec le carnet à croquis. Je suis quelqu’un de très tactile, ainsi j’attache beaucoup d’importance au papier, à sa texture, à la sonorité d’une plume sur celui-ci. Comme beaucoup de personnes, je crois, je suis capable d’acheter un carnet par amour de sa forme ou de son papier et de ne jamais m’en servir. Après, en tant que pixel artist, je pense que les mécaniques sont les mêmes que pour n’importe quelle autre discipline créative. Mes carnets me servent de dévidoir à idées. Mes pages sont composées de notes écrites, de prototypes de typos, d’illustrations, de logos, ou d’éléments qui serviront à une réalisation en pixel art.  Ils ne sont pas du tout structurés : c’est le bazar total. Je suis totalement fasciné par les artistes qui arrivent à maintenir des carnets cohérents, un peu comme ces sublimes carnets de voyage.

Pour moi, le lien entre l’analogique et le numérique est clair. Une composition en pixel art est très longue à réaliser. Parfois il est important de ne pas perdre ses idées en cours de route : c’est là que le carnet intervient. Pour moi, l’avantage du croquis c’est immédiateté, l’instantanéité.

Olivier a le carnet de croquis dans la peau ! 

Alors au final : plus souris ou plus crayon ?

Comme je l’ai dit précédemment, j’éprouve un sentiment presque charnel avec les objets « analogiques ». J’aurais beaucoup de mal à me passer de la relation intime, presque secrète, qui me lie au carnet papier. Maintenant, il est évident que le numérique fait actuellement d’énormes progrès. Les simulations de brosses, de papiers, de textures ou de rendus sont tout simplement hallucinantes. Ils permettent d’ailleurs d’expérimenter facilement de nouvelles techniques. Chose qui est en général plus compliquée en analogique, ne serait-ce que pour des raisons d’équipement. En conclusion, je garde les deux. Définitivement.

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