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21 septembre 2016 /inspiration /photographie /

Julien Pons, un photographe qui aime se laisser surprendre

La plus grande satisfaction vient quand on voit ses étudiants prendre leur envol et signer leurs premiers jobs !

Julien Pons

– En partenariat avec Tuto

Voici une interview de Julien Pons, Graphiste et Photographe de mode mais également un redoutable formateur, pointu et pédagogue qui partage sans contour son savoir-faire. Après un passage à Londres il est à présent de retour à Montpellier et se prépare à repartir pour Berlin. Il a pris le temps de répondre à nos questions.

 

  1. Julien, peux-tu te présenter et nous dresser rapidement ton parcours ? (rapidement ça va être compliqué, vu le parcours 🙂

portrait-julien-ponsJ’ai débuté à la fin des années 90, en webdesigner freelance, pendant que j’étais au lycée. Après le bac (2000) j’ai fait une MANAA (Mise A Niveau en Arts Appliqués), que j’ai interrompue au 2nd trimestre lorsque j’ai appris que j’étais lauréat de la Biennale des Jeunes Créateurs d’Europe et de la Méditerranée dans une nouvelle catégorie “Arts Électroniques” (2001). C’est cette expo européenne qui a lancé ma carrière de webdesigner freelance. J’ai commencé à écrire des articles (2003) puis des livres (2004) sur Photoshop, pour enchaîner chez Emob / Formation Video en 2006 puis ArtFX en 2007. Tout en travaillant pour des clients en direct ou des agences de communication, majoritairement Publicis, TBWA et Euro RSCG, de 2006 à 2009. Le design signé d’une bouteille collector pour Schweppes en 2009 a marqué l’apogée de cette période. J’ai débuté la photo de mode dans la foulée en 2010, avec les premières séries sous forme de tuto sur Weecast (devenu tuto.com). Aujourd’hui je donne moins de cours chez ArtFX mais je dirige leur com visuelle et stratégique depuis 5 ans, et je continue à prendre des commandes de graphic design, ux et motion en indépendant.

 

  1. Tu es autodidacte : graphiste, photographe, formateur… Avec quelles méthodes as-tu réussi à te former à tes débuts pour atteindre aujourd’hui ce niveau professionnel ?

Les tutos vidéos n’existaient pas à la fin de années 90. Il y avait des tutos “pas à pas” sur le web, et naturellement dans les magazines. Et aussi ces choses curieuses qu’on appelle des…livres 🙂 Donc j’ai eu un apprentissage à l’ancienne, en solitaire sur mon temps libre du lycée.

 

  1. Tu enseignes à ArtFX depuis 9 ans, tu as écrit un livre et de nombreux articles pour la presse spécialisée, enregistré des centaines de tutoriels vidéo en français et en anglais. Comment t’es venue cette envie de transmettre ton savoir ? Et surtout, qu’en retires-tu ?

Les choses se sont faites petit à petit et l’effet boule de neige a fait son travail. Ce n’était pas du tout un plan de carrière. J’ai voulu partager ce que moi j’aurais aimé trouver à l’époque où j’ai débuté. La plus grande satisfaction vient quand on voit ses étudiants prendre leur envol et signer leurs premiers jobs !

 

  1. Quelles différences ou parallèles peux-tu faire entre le partage de connaissances en ligne et ton expérience d’enseignement en présentiel ?

Les interactions humaines, de toute évidence, rendent le présentiel plus stimulant. Et aussi plus compliqué. L’adaptation au public doit se faire à la volée.

En ligne l’avantage est de pouvoir permettre au public de bien assimiler et pratiquer. Les demandes et interactions entre formateur / apprenant qui découlent par la suite sont du coup plus pointues, riches, puisque très personnalisées. Les 2 se complètent très bien.

Si vous souhaitez découvrir et vous former aux côtés de Julien, vous disposez de nombreuses formations Photoshop sur Tuto.com.

 

Voici un exemple de sa formation Photoshop CC 2014 et 2015 où il vous explique comment fonctionne les calques.

 

  1. Laissons de côté la casquette formateur, et parlons un peu photo ! En tant que Photographe, peux-tu nous décrire ta méthode de travail et les logiciels que tu utilises en post production ?

J’ai déjà changé de workflow plusieurs fois. Lightroom addict pendant longtemps, depuis 2015 je suis revenu à une utilisation de Lightroom plutôt pour le catalogue; et j’effectue mes retouches sous Photoshop à 100%. Retour au mode manuel dirons-nous. Les résultats sont très bon dans LR mais forcément certaines choses complexes sont impossibles (séparation de fréquence par exemple).

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  1. Quelle est, selon toi, l’étape la plus importante pour obtenir LA bonne photo?

J’ai souvent un cadre et une idée globale, mais je ne réalise pas de croquis. Je préfère être surpris en restant dans ce cadre; ne serait-ce que parce que l’interaction avec le modèle provoque nécessairement des imprévus. Au niveau de la retouche, je dirais qu’il faut juste savoir quand s’arrêter. Et vu la variété de sujets possibles, il n’y a pas de recette miracle à appliquer, c’est vraiment du cas par cas.

 

  1. Peux-tu nous montrer l’image qui te rend le plus fier ?

Lola par Julien Pons

Je suis parti à Berlin 4 jours pour le jour de l’an. Je n’ai pas fait de photo pendant ces 4 jours; en tout cas très, très peu. Pour cette photo les conditions étaient particulièrement difficiles : température négative, vent, beaucoup de monde (jour du réveillon), un soleil couchant avec juste quelques rayons qui perçaient la rue à certains endroits; et la personne à photographier de dos. J’espérais que Lola se retournerait pile à un moment où le soleil sortait des nuages, que le vent ne cacherait pas son visage et qu’il y aurait des silhouettes floues, sans trop de monde autour. Autant dire un énorme pari. J’ai fait un réglage en manuel pour être sûr d’avoir un joli flou devant/derrière, augmenté la sensibilité pour avoir la lumière suffisante… Je ne pouvais pas faire une raffale non stop, c’est impossible sur le 6D (ça bouchonne sur la carte SD…) Alors j’ai marché bien 200 mètres sans décoller l’oeil du viseur pour attendre LE bon moment. Cette image, pour moi, représente tout ce qui rend la photographie une pratique artistique belle et singulière : le sujet et le lieu, le défi technique et le momentum.

 

  1. Quel est ton setup matériel pour la photo ?

Canon 6D pour le boitier, les deux objectifs que j’utilise le plus sont le 24/105 L et 50mm 1.4. Ensuite parfois le 70/200 L. Pour la lumière en studio, soit des flash Multiblitz, soit des lumières continues, en softbox. J’ai fait aussi quelques shoot au panneau LED (avec ou sans gélat de couleur). C’est souvent lorsque j’ai eu le moins de matos à ma disposition que j’ai réalisé mes photos préférées.

 

  1. Aussi bien pour le graphisme que pour la photo, quelles sont tes influences et tes sources d’inspiration ? Ont-elles eu un impact sur ton travail ?

Après 15 ans de carrière, j’ai eu autant de périodes et influences. Je vais donc faire un tri un peu dur. Sur cette durée les plus grosses claques, durables et que je retiens, viennent du travail de The Designer Republic (Angleterre), North Kingdom (Suède), Frame (Danemark), et Ars Thanea (Pologne).

 

  1. Tu as habité à Londres pendant 4 ans. Comment pourrais-tu résumer ton passage dans cette grande capitale ? Est-ce que cela a eu un impact dans ton travail (graphique ou photographique)

La confrontation à une culture différente et d’autres méthodes de travail pousse à la remise en question. Là bas, en pub et en photo, ça change vraiment tout le temps, les modes sont éphémères ! Les capitales cosmopolites de ce genre ont forcément un impact positif sur ta production.

 

  1. On l’a vu précédemment, tu utilises grandement le Creative Cloud au quotidien. Que retiens-tu de ce mode de consommation du logiciel et peux-tu nous donner quelques exemples de nouveautés qui ont amélioré ton workflow ?

Parmi les dernières améliorations : les objets dynamiques liés (et non plus incorporés) me permettent de mutualiser certains assets. Les performances du dernier Camera Raw via l’accélération GPU sont elles aussi précieuses sur ma machine vieille de 4 ans !

 

  1. Côté projet, on a entendu parler d’une série tv Arte sur laquelle tu travaillerais. Peux-tu nous en dire plus ? Il parait que tu as poussé After Effects dans ses retranchements 🙂

C’est une série documentaire intitulée “Points de Repères”, avec 13 épisodes de 26 minutes, écrite et réalisé par Pierre Lergenmuller et pour laquelle j’ai eu le rôle de directeur technique de post-production. Mon rôle était de mettre en place un flux de travail infographie stable et fiable. La série raconte les petites choses qui ont changé l’histoire de l’humanité : chute de Rome, naissance d’Internet, Darwin, la catastrophe de Tchernobyl…Nous avons utilisé After Effects CC couplé avec des plugins répandus, mais aussi des outils maison codés en ExtendScript ou Pyhon. Avec Maya 2016 et Arnold pour les images de synthèse. Nos 16 graphistes ont fait un super boulot ! Ce sera diffusé en France à partir du 2 octobre sur Arté, et ce jusqu’à Noël.

 

  1. Quels projets pour la suite ?

Partir à nouveau… Le cap est mis sur Berlin ! J’ai sorti mon nouveau portfolio sur www.julienpons.fr ; alors j’aimerais maintenant l’alimenter régulièrement. Je vais rester dans la mode majoritairement, mais pousser plus loin chaque étape : la lumière, les accessoires, l’ambiance…en sortant sûrement aussi du studio, pour faire plus de shoot à l’extérieur.

Pour les tutos, je vais sortir une nouvelle ligne de workshops sur tous les sujets principaux (mode, portrait, paysages, etc), pour coller à l’actualité Adobe; en français et en anglais. Mes formations complètes seront aussi réactualisées !

 

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inspiration, photographie

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  • By aghani - 11:51 AM on September 27, 2016   Reply

    thanks for that info

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