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25 juillet 2016 /graphisme /illustration /

Un trait tout d’élégance et de finesse – Maïté Franchi, illustratrice & DA

Recommencer à zéro n’est pas un échec, cela fait partie intégrante du processus.

Maïté Franchi

De ses illustrations, on retient l’élégance, l’harmonie des couleurs, la finesse de ses textures, l’originalité des sujets aussi. Que ce soit dans le street art, la mode, le jeu ou le design culinaire, Maïté Franchi se forge un style et une direction artistique bien à elle. Retour en dix questions sur son parcours et ses aspirations.

— Propos recueillis pour Pixelcreation.fr 

Qui êtes-vous Maïté Franchi ?
J’ai 28 ans, je suis graphiste et illustratrice depuis 5 ans. Pendant mes études à l’EPSAA (École Professionnelle Supérieure d’Arts graphiques et d’Architecture de la Ville de Paris), j’ai reçu une formation complète et diversifiée en peinture, web, dessin, photo, conception graphique, packaging, illustration.. Au fur et à mesure de mes projets professionnels et personnels, j’ai voulu me spécialiser dans la direction artistique où l’illustration à une place importante. Après mes études, j’ai voyagé et finalement j’ai emménagé à Dublin où j’ai surtout cherché ce que je voulais développer dans mon travail. En rentrant à Paris, j’ai commencé par travailler en freelance après avoir rencontré une illustratrice qui m’a confié mes premières missions.

Comment caractériseriez-vous votre travail ?

Le vectoriel prend une grande place dans mon travail ! Comme je le trouve souvent trop froid, j’aime y apporter des ambiances colorées et des textures qui me correspondent plus. Le style évolue en permanence, il faut rester ouvert !

Quelle place, quel rôle joue la couleur dans votre travail ?
La couleur est un élément qui est arrivé sur le tard dans mon travail, je n’ai pas toujours été à l’aise avec. J’étais davantage attaché aux contours bien épais, au noir et blanc. J’ai commencé à intégrer la couleur à mes illustrations lentement, elle m’est devenue indispensable aujourd’hui. Avant je pensais noir et blanc, aujourd’hui, je pense à la palette de couleurs que je vais utiliser avant même d’avoir réfléchi à ma composition.

Qui sont vos clients aujourd’hui ?
J’ai la chance de travailler avec des gens très différents, dans le street art, dans la mode, le jeu vidéo, le web, le design culinaire ou la photographie, c’est très varié et j’adore ça ! J’alterne entre les projets professionnels et la recherche personnelle. J’aime autant pouvoir échanger directement avec les clients, cela m’aide à mieux cerner leurs attentes pour apporter la meilleure réponse au brief.

Quelles sont vos influences, vos références créatives ?

Je suis impressionnée par le travail des typographes. Leur intention est concentrée dans des symboles, des courbes, des formes précises. Ils arrivent à dégager une idée, une ambiance en quelques signes, c’est bluffant. Et on a aujourd’hui la chance de pouvoir admirer facilement le travail d’un artiste situé à l’autre bout du monde. C’est un luxe fou de pouvoir échanger, collaborer, admirer ou être inspiré par des artistes du monde entier. C’est assez difficile de citer seulement quelques noms ! Je pourrais citer Andre Beato, ILK, Tyrsa, Trochut, 123 klan, CRCR, Muti, Jean Jullien, Niark1,  Mads Berg, Shane, Alexander Girard, Mayumi Otero, Icinori, Horace Pippin, Jon McNaught , Jessica Hische…

Quelle part de votre temps vos projets personnels occupent-ils ?

Mes projets personnels occupent une grande partie de mon temps. J’ai en permanence un ou deux projets en cours de réalisation. J’adore m’essayer à de nouveaux médias. Je viens par exemple d’installer un atelier de sérigraphie chez moi, cela m’aide à réfléchir différemment, à aborder le sujet sous un angle différent. Il n’y a pas de frontière entre mon travail personnel et mon travail professionnel. Comme je suis assez obsessionnelle, je ne m’arrête qu’après avoir épuisée mon idée, et par la force des choses, cela nourrit également mon travail professionnel. En fait, j’ai le même processus de travail dans les deux situations, la même approche créative.

Pouvez-vous décrire ce processus, justement ?

J’ai une approche assez intuitive. Dès que j’ai le brief, je fais une quantité d’annotations. Je note des idées, dessine des croquis rapides pour m’aider à poser mes idées justement, cerner des pistes de travail. Ce n’est qu’après que je passe sur l’ordinateur pour réaliser des propositions plus abouties. Je travaille essentiellement sur Illustrator et Photoshop, puis selon la nature des projets sur InDesign, Dreamweaver et After Effects. Je fais toujours plusieurs propositions, et je développe celle que le client a retenue. Tout au long du processus, je reste bien évidemment en contact permanent avec mon client.

A quoi reconnaît-on une illustration réussie ?
Quand  la composition se tient, c’est qu’on est bien parti ! Les éléments doivent se mettre bien en place, être harmonieux… À partir du moment où on commence à ajouter des effets, des filtres, des fioritures, qu’il faut bidouiller pour s’en sortir, il est préférable de faire demi-tour.
Recommencer à zéro n’est pas un échec, cela fait partie intégrante du processus. Savoir tout lâcher pour mieux recommencer est souvent bénéfique !

Quelles fonctions utilisez-vous le plus dans vos logiciels ?
Il n’y en a pas forcément, j’ai une approche assez ouverte des outils et j’essaie de me former en continu, de faire évoluer ma façon de les utiliser justement. C’est important de ne pas être gêné techniquement dans son processus de création. Je pense que la meilleure façon de l’éviter est précisément de ne pas s’enfermer dans une manière de faire mais de chercher d’autres voies. Avec le Creative Cloud, les logiciels évoluent plus souvent et j’utilise régulièrement sur Illustrator les formes dynamiques, les améliorations sur les outils de tracés également, ou encore le nuancier. Toutes ces optimisations apportent un immense gain de temps. Je donne également des formations parfois, j’adore apprendre et enseigner !

Et pour vous faire connaître ?
J’utilise les réseaux, les sites de partage comme Behance, je prospecte. Je dirai que c’est du 50/50, mais je reçois régulièrement des demandes de nouvelles personnes  ou d’agences avec qui j’ai déjà travaillées. J’ai activé mon compte Behance il y  quelques mois, j’ai tout de suite accroché. Les échanges sont toujours bon esprit et j’ai découvert des artistes incroyables !
C’est très simple d’utilisation et ce média m’a permis de décrocher quelques missions freelance.

 

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Maïté Franchi, Illustratrice & DA : Twitter | Behance |Instagram

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