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February 21, 2018 /Adobe Stock /

Photographier la dimension humaine des technologies médicales

Les photographes retraçant des parcours de guérison sont confrontés à des difficultés bien spécifiques. Il leur faut capturer l’esprit humain, la compassion, l’expertise du corps médical et le courage des patients, mais aussi les technologies utilisées à l’arrière-plan. Ces machines sans visage, qui contribuent tant à améliorer notre santé, ne sont pas façonnées pour révéler leurs missions en images. Alors comment présenter les différentes utilisations d’une technologie, tout en préservant l’expérience des uns et des autres ? Nous nous sommes entretenus avec Lydie Naneix, présidente de l’agence de photographie scientifique et médicale BSIP, pour savoir comment son équipe parvient à illustrer des histoires humaines autour de sujets high-tech.

Capturer la dimension humaine, la technologie et le processus de guérison

« Nous travaillons sur deux thématiques : la première consiste à présenter les nouvelles technologies qui sont l’avenir de la médecine, et la seconde à décrire la pratique quotidienne de la médecine moderne autour de maladies courantes nécessitant une hospitalisation », indique Lydie.

La phase de préparation est extrêmement fastidieuse. Lydie et son équipe doivent en effet contacter directement les médecins, puis obtenir les autorisations nécessaires auprès de l’hôpital et des patients, ce qui peut prendre des mois.

Une fois sur place, il faut travailler en étroite collaboration avec le médecin pour pouvoir saisir les étapes clefs d’une procédure. « Le chirurgien guide le photographe et le prévient des moments intéressants. Les médecins enseignent souvent à l’université et sont donc d’excellents pédagogues : ils aiment expliquer ce qu’ils font car leur métier les passionne. »

Au-delà de ces moments importants à capturer, il faut aussi savoir créer un point de vue auquel on peut s’identifier. « Dans le cas des examens et des traitements qui exigent des équipements sophistiqués, nous aimons donner au public la possibilité de se mettre dans la peau du médecin, du chirurgien, ou même du patient », déclare Lydie. Il faut donc créer une atmosphère et privilégier une esthétique montrant les points de connexion entre l’homme et la technologie. « Nous nous intéressons aux gestes, notamment à la manipulation des écrans, outils et instruments, dans de vrais espaces médicaux », ajoute-t-elle.

Lorsqu’il s’agit de photographier une opération chirurgicale ou une blessure, Lydie et son équipe doivent également se montrer très prudentes. « Les images médicales ne doivent choquer ni les professionnels de la santé, ni le grand public. Concernant les interventions chirurgicales, nous limitons au maximum la vue du sang et nous focalisons sur le travail de l’équipe médicale. »

Rester au fait de l’évolution des technologies médicales

L’accès aux derniers développements technologiques constitue un autre obstacle majeur pour les spécialistes de la photographie médicale. « Les photos les plus difficiles à réaliser sont celles qui ont trait aux nouvelles technologies, comme les robots et les robots-assistants, et aux différentes utilisations de l’intelligence artificielle. Rares sont les hôpitaux, médecins et patients disposés à discuter de ces avancées. »

Et même si les technologies médicales se développent à un rythme effréné, ce sont toujours les individus qui priment. Comme l’explique Lydie, « le facteur humain est indissociable des technologies, et encore plus de celles que nous photographions, qui sont au service de l’homme. Bien que nous soyons spécialisés dans l’imagerie médicale, notre objectif est de représenter cette dimension humaine et d’illustrer la collaboration entre les médecins, les chercheurs et les techniciens qui développent de nouveaux outils pour traiter les patients. »

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Image d’en-tête par BSIP.

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